Roland Ratsiraka
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Iarovana Roland Ratsiraka (born August 15, 1966) is a Malagasy politician.
Born in Antananarivo, Roland is the nephew of former Président Didier Ratsiraka. He studied both in Madagascar and in France, before founding several companies.
In 1996, Roland's uncle appointed him Director of Propaganda for the Tamatave region. In 1998, he founded the regional political association Toamasina Tonga Saina, and was elected to the National Assembly of Madagascar as a Deputy for Toamasina. In 1999, he was elected as Mayor of the city, and although the post was suspended in 2002, he was re-elected in 2004.
Ratsiraka stood in the 2006 presidential election, held on December 3, and he placed third, with approximately 10.1% of the votes cast, according to official results. In his home province of Toamasina, he won about 34% of the vote, two points less than the winner of the election, incumbent president Marc Ravalomanana. Along with second place candidate Jean Lahiniriko, Ratsiraka said that the results were false, and on December 11 he filed a challenge with the Constitutional High Court regarding the election.
http://en.wikipedia.org/wiki/Roland_Ratsiraka
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Déclaration universelle des droits de l'homme
Adoptée et proclamée par l'Assemblée générale des Nations unies dans sa résolution 217 A (III) du 10 décembre 1948.
Préambule
Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme,
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression,
Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations,
Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,
Considérant que les États Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement,
L'Assemblée générale
Proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des États Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.
Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2
Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ni exilé.
Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
Article 11
1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.
Article 12
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Article 13
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14
1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.
Article 16
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État.
Article 17
1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété
Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.
Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Article 20
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.
Article 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.
Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
Article 25
1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.
Article 26
1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.
Article 27
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.
Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.
Article 29
1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 30
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant, pour un État, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.
Publié par veriteRR à 09:54:22 dans Droits de l'Homme | Commentaires (0) | Permaliens
... et pendant ce temps-là : la communauté internationale mange dans les mains de Ravalomanana, président de Madagascar par la seule volonté de l'ancien archevêque d'Antananarivo, Mgr Razafindratandra.
Le dernier expulsé de Madagascar, le père jésuite Sylvain Urfer, fut opposé, et ne le cacha jamais, à l'engagement politique de l'église catholique malgache lors de l'élection présidentielle de 2002 qui vit sortir des urnes, comme un mauvais petit diable de sa boîte, Ravalomanana, après que Mgr Razafindratandra lui eut imposé, le 22 février 2002, de s'autoproclamer président de Madagascar, élu, non pas de Dieu, mais du premier tour. De passe-passe ! Il faut savoir que dans la Grande Ile, le bourrage des urnes est d'abord précédé de celui des crânes. Bref, Ravalomanana est une imposture démocratique !
Mai 2005 : expulsion d'Olivier Péguy, correspondant de RFI. Avril 2006 : je suis expulsé. Mai 2007 : expulsion de Sylvain Urfer. Trois intellectuels, trois Français (... soit dit en passant) ayant pour mission, sacerdoce ou métier d'informer et d'éclairer l'opinion. Un crime contre la mégalomanie galopante du petit laitier de l'Imerina.
Rien de bien surprenant, puisque Ravalomanana est tout à la fois illettré, c'est-à-dire inculte, et analphabète, ou si l'on préfère ignare ! Autrement dit, incapable, surtout, de comprendre ce que des journalistes consciencieux et un missionnaire lucide et courageux peuvent écrire. On aura compris, en revanche qu'il faut dans l'entourage de l'imposteur, ce qui est le cas, des conseillers malfaisants, très attentifs, pour lui indiquer de qui il doit se débarrasser pour en finir avec cette engeance d'observateurs étrangers qui n'a rien à voir avec ceux fournis par la communauté internationale à chaque scrutin pour en certifier la bonne organisation et l'honnêteté !
Mais, quand même, Ravalomanana n'expulse pas que des « intellos ». Récemment, Riaz Barday, un homme d'affaires français, spolié de ses investissements touristiques sur une île proche de Nosy Be. Et, il y a quelques années, le directeur d'une banque mauricienne, Jean-Paul Giblin, qui avait découvert qu'un des collaborateurs malgaches de son agence de Tamatave, parent de Madame la Présidente, piochait sans scrupule, et fort de sa protection, dans la caisse.
En revanche, Monsieur-le-président-la-pudeur, s'est bien gardé d'expulser un pédophile notoire de nationalité suisse, qui sévit à Nosy be et dans les îles à l'entour depuis des années, au vu et au su de tout le monde. Il vient tout juste de le faire condamner à 5 ans de prison... avec sursis, et à quelques dizaines d'euros d'amende. On imagine à qui le gros des dommages et intérêts a été versé...
C'est désormais, aujourd'hui, plus qu'une obligation humanitaire : un devoir d'ingérence. Il faut aider les Malgaches à se libérer de l'imposteur qui les ridiculise. Ce pays merveilleux, ce peuple exemplaire ( ?)... de résignation, a besoin d'autre chose qu'un Charlot pour lui indiquer la bonne direction du développement.
Christian Chadefaux
Publié par veriteRR à 11:22:58 dans Articles divers | Commentaires (0) | Permaliens
Réconfort à Roland Ratsiraka
Je vous salue, par cette lettre, et vous fais part de mon appui. Je compatie de toute mon âme à votre peine ainsi qu'aux douleurs de votre femme, de votre fils, de votre famille et de vos proches.
Je ne connais pas personnellement et je ne connais pas non plus le Grand Fond de votre dossier d'inculpation.
Je sais seulement qu'il n'y a pas que votre nom qui est un péché avec le régime actuel. Plusieurs cas sont similaires au vôtre. Seulement, vous êtes le seul parmi tous qui faîtes preuve d'objectivité, qui avez la chance (ou le malheur, qui sait ?) d'avoir une cote populaire très élevée, de concourir à une quelconque succession future ?
J'ai lu votre communiqué rédigé avant votre arrestation, c'est pourquoi je réagis par le biais du pilier de la voix du peuple qui n'est autre que la panoplie de journaux quotidiens qui veulent bien publier ma lettre en guise de réconfort.
Comme je viens de le dire, je ne vous connais pas. Vous non plus, vous ne me connaissez pas. Peu importe que vous me connaissiez ou pas. L'essentiel est que je vous apporte mon soutien ainsi qu'à votre femme et votre fils d'un an.
Une chose est sûre : je suis une malgache de père et de mère. Mes tombes ancestrales se trouvent au cœur d'Antananarivo : pas aussi loin que Manjakandriana et les bourgades aux alentours, en allant vers l'Est. Et on n'arrive même pas à Soavinimerina dans l'axe Avaradrano, Iavoloha est trop loin dans le sud. De surcroît, je suis une chrétienne.
Encore une fois, peu importe mon origine et mon obédience religieuse. C'est la compassion qui me pousse à réagir. Toutefois, je ne peux même pas déployer de grands moyens matériels pour vous aider ni pour ceux qui sont injustement persécutés (actuellement, ils sont nombreux). Mais je m'accroche à la prière dans la foi en Jésus Christ, le fils de Dieu.
Aussi, j'élève ma prière vers Dieu pour vous, votre femme, votre fils et ceux qui sont victimes d'injustice et qui en pâtissent.
Adriana
Publié par veriteRR à 17:44:51 dans Soutien à Roland Ratsiraka | Commentaires (0) | Permaliens
Affaire Roland Ratsiraka : débat sur la présomption d'innocence
.... en finir avec la mentalité moyenâgeuse.
L'affaire « Roland Ratsiraka », au-delà de la polémique politique soulève un autre débat, un débat de fond : celui de la présomption d'innocence.
Définitions
La présomption d'innocence c'est le principe selon lequel toute personne qui se voit reprocher une infraction est réputée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été légalement et définitivement établie.)
En Angleterre, dès le XVIe siècle, ce principe est reconnu à travers l'Habeas Corpus qui garantit la protection de l'individu contre « les détentions arbitraires ».
Principe acquis désormais à l'échelle internationale à travers l'article 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 de l'ONU :
« Article 11. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. (...)»
En France, ce principe est renforcé par la loi sur le renforcement de la présomption d'innocence et les droits des victimes du 15 juin 2000.
A Madagascar, par contre, on peut dire que le système juridique malgache est « poussiéreux », inadapté au monde moderne. En effet, il date de la colonisation et n'a pas connu de grands changements depuis. Le principe de présomption d'innocence n'est donc pas reconnu à Madagascar car aucune loi n'édicte ce principe. Au contraire, le principe reconnu serait plutôt « la présomption de culpabilité ».
Théorie et pratique
Voici donc pour la théorie, qu'en est-il de la pratique ? En pratique, cela donne le cas du maire de Tsiroanomandidy, Eric Hermann Raparison qui fût mis sous mandat de dépôt sur la base d'une enquête de l'Inspection Générale d'Etat (IGE).
Le hic, c'est que le mandat de dépôt n'est pas « une mesure de détention préventive » mais bien une mesure d'emprisonnement.
La personne sous mandat de dépôt est donc présumée coupable sans même avoir eu de jugement, ce qui va totalement à l'encontre du principe de présomption d'innocence et des droits de l'Homme.
Après plusieurs mois de prison dans les conditions déplorables des geôles malgaches, le Tribunal énonce la verdict : il n'y a jamais eu de détournements de fonds.
L'IGE s'est trompé sur toute la ligne... ou aurait monté le dossier de toutes pièces selon certains.
Les Inspecteurs Généraux n'ont jamais reçu de sanctions disciplinaires pour leur très grave faute professionnelle.
Jugé sans jugement
Le Jeudi 19 Avril, rebelote mais cette fois avec la mise sous mandat de dépôt du Maire Roland Ratsiraka, alors même que venaient de commencer les auditions préliminaires de son procès et que le verdict n'avait même pas été prononcé.
Ironie du sort, ce ne sont pas les multiples contrôles sans résultats du BIANCO (Bureau Indépendant Anti Corruption) qui déclenchent la procédure d'arrestation mais un dossier semble-t-il fourni par... l'Inspection Générale d'Etat. Une Institution peu crédible eu égard à sa précédente « bourde » et aux affaires de détournements de fonds du Trésor Public qu'elle n'a pu déceler que trop tard.
Les têtes bien pensantes parlent souvent « de changer les mentalités ». La mentalité, on peut la voir sur certains Forums. Ce n'est pas entièrement représentatif mais ça donne une petite idée.
Sur les Forums, dans des sujets sur Roland Ratsiraka, on peut voir ses détracteurs essayer de faire passer la pilule de l'arrestation en scandant que « de toute façon c'est un voleur, c'est un Ratsiraka. Point final».
Mais sur quelle base établissent-t-ils que c'est un voleur ? En ont ils des preuves ? Ont-ils le dossier sous les yeux ? Certainement pas. Ce ne sont que des opinions partisanes.
C'est à la Justice de juger équitablement si Roland Ratsiraka est un voleur ou pas. Ainsi en vertu des droits de l'homme et du citoyen, Roland RATSIRAKA est censé être « présumé innocent » en attendant que le verdict tombe. Des propos de telle sorte ne devraient donc pas être tenus et l'emprisonnement n'aurait jamais dû avoir lieu.
La vindicte de la populace
Pour ces gens-là, il n'y a pas de présomption d'innocence, il est coupable, un point c'est tout. On appelle cela la vindicte populeuse, pardon populaire, qu'on retrouve lors des accidents de voiture : on s'en fout de qui est fautif, c'est forcément le gars avec la voiture, ça nous fait un prétexte pour le dépouiller (dans notre cas ça fait un seza à dépouiller). Vous avez dit « mentalité moyenâgeuse » ?
Imaginez dans dix ans, un Thierry Ravalomanana (personnage inventé), petit neveu de qui on sait qui devra répondre des actes de son grand-oncle lorsque celui-ci ne sera plus au pouvoir et que le nouveau parti en place lancera sa Chasse aux sorcières.
Imaginez vos enfants pourchassés par la justice pour les fautes que vous auriez commises. Est-ce vraiment ce que vous souhaitez ? Un perpétuel recommencement qui fait stagner ce pays ?
Si l'on commet les mêmes agissements qu'on a condamnés il y a cinq ans, en quoi sommes-nous différents ? En quoi sommes-nous mieux ? Voilà pourquoi je veux croire en la présomption d'innocence. C'est ça une véritable illustration de l'Etat de droit.
Madagascar doit avancer, aller de l'avant. En finir avec cette mentalité moyenâgeuse. C'est pourquoi, ne vous en déplaise, Monsieur le Président de la République, s'il y avait bien un principe qu'il aurait fallu inscrire dans la nouvelle Constitution c'est celui-ci : la présomption d'innocence.
Publié par veriteRR à 17:36:33 dans La présomption d'Innocence | Commentaires (0) | Permaliens
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